Descartes, d'un lieu à un autre

Solange Gonzalez, Éditions Arguments, Paris, 2006.

    Préface de Pierre-François Moreau.

    Un ouvrage consacré à la notion de lieu chez Descartes et qui l'aborde dans les différents champs des mathématiques, de la physique, de la métaphysique et de la théologie.

    Vous pouvez le trouver dans les points de diffusion habituels ou vous pouvez vous adresser aux Éditions Arguments, 11bis rue Tiphaine, 75015 Paris, 01 43 29 07 44, arguments@wanadoo.fr

    Sommaire

Quatrième de couverture - La notion de lieu occupe dans le système cartésien une place stratégique : elle en manifeste la singularité tant dans le domaine de la physique que dans celui de la métaphysique. En physique, les difficultés sont nombreuses : comment Descartes parvient-il à édifier une philosophie naturelle qui produit, notamment, les lois du choc et celle de la chute des graves, dans un cadre conceptuel qui nie l’existence du vide ainsi que celle de lieux différents ? Jusqu’à quel point peut-on parler d’une mathématisation du réel pour un corps de doctrine aussi peu algébrique que possible ? Le spectre du roman cartésien doit être chassé afin de saisir la science cartésienne dans sa nouveauté radicale. Mais dès lors que l’on s’interroge sur les motifs conceptuels qui empêchent Descartes d’élaborer une mathématisation du réel, dont la Géométrie semble lui donner les moyens et les Regulae la méthode, on est conduit à préciser la nature des procédures résolutoires de la pensée, leur portée et leurs limites et, ainsi, à entrer de plain-pied dans le champ de la mathématique, tout d’abord, puis dans celui de la métaphysique. Dire ce qu’est et ce que peut un corps s’énonce à partir du savoir de ce qu’est et de ce que peut l’esprit. En effet, Descartes attribue à l’esprit (celui de Dieu ou l’ingenium de l’homme) la force et la puissance, non seulement d’inventer et de produire du nouveau, mais également celle, très concrète, d’imprimer une nouvelle détermination aux mouvements des esprits animaux. On peut considérer que la force chez Descartes est indexée au spirituel plutôt qu’au corporel et qu’en dehors de la question singulière de l’Eucharistie, elle n’est efficace qu’à la condition de ne pas être localisée stricto sensu en termes de lieu : Dieu agit dans le monde pour autant qu’il n’en fait pas partie et la glande pinéale est le siège principal de l’âme, sedes et non pas locus.

Cette lecture de l’oeuvre cartésienne trouve ainsi dans la notion de lieu un thème d’étude particulièrement fécond, dans la mesure où elle est mobilisée à la fois dans la physique et les mathématiques cartésiennes, mais également dans la question de la localisation de Dieu dans le monde, dans celle du Christ sous les espèces consacrées, et dans celle de l’âme dans le corps. Ainsi d’un lieu à un autre, nous sommes conduits au coeur du système cartésien, par un mouvement d’approfondissement réciproque des perspectives.

 
 
 
 
 
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